Une grève nationale des femmes s’organise pour 2019

Une mobilisation historique se prépare pour 2019. DR UNIA
Une mobilisation historique se prépare pour 2019. DR UNIA

Notez dans vos agendas la date du 14 juin 2019. Elle a été choisie lors des assises féministes de Suisse romande pour l’organisation d’une grève nationale des femmes. Objectif affiché: obtenir enfin l’égalité salariale.

Est-ce l’inspiration des féministes espagnoles? Ou l’inspiration du puissant mouvement impulsé par les Chiliennes contre le sexisme? Ou tout simplement l’exaspération de voir que la loi fédérale sur l’Egalité entre hommes et femmes (Leg), entrée en vigueur en 1996, qui interdit de fait toute discrimination salariale, ne soit toujours pas entrée en vigueur?

Toujours est-il que les organisations féministes romandes ont choisi d’organiser une grève des femmes le 14 juin 2019. Une date choisie avec grand soin: elle commémore le mouvement du 14 juin 1991. A l’époque, entre 250’000 et 500’000 femmes avaient déjà débrayé à travers tout le pays, à l’appel de l’Union syndicale suisse. Elles réclamaient déjà l’égalité des salaires… dix ans après l’inscription du principe d’Egalité dans la Constitution. Leur mobilisation, sans précédent, joyeuse, avait marqué la Suisse, peu habituée à de tels mouvements. Des noms de rues avaient été modifiés, des usines bloquées, de groupes de discussion sont nés. Le mouvement avait notamment réuni des femmes peu habituées à manifester, et s’était étendu hors des villes, jusque dans les villages. A l’époque certaines entreprises avaient cependant déclaré la grève ‘interdite’. Le mouvement a surtout été symbolique, mais la loi sur l’Egalité de 1996 avait apporté quelques avancées.

Inégalités devenues incompréhensibles

En 2018, 37 ans après l’inscription du principe d’Egalité au plus haut niveau juridique, et surtout après le raz-de-marée planétaire suscité par le mouvement #Metoo, les questionnements qu’il a rouvert à tous les niveaux, les inégalités salariales sont plus que jamais incompréhensibles. D’autant que d’autres pays les ont bannies. Pour rappel, les femmes suisses gagnent toujours 600 francs de moins que les hommes chaque mois en moyenne, soit 7,7 milliards de francs perdus chaque année. Le récent rejet de la proposition Sommaruga pour réformer la loi sur l’égalité, et garantir une réelle égalité salariale a largement déçu les mouvements féministes. «Le système de contrôle de l’égalité salariale ne concernera que 1% des entreprises (ndlr: ne sont concernées que celles qui ont au minimum 100 employés) et moins de la moitié des salariés. De plus, il n’y aura pas de sanctions contre les entreprises fautives ni d’obligation de mise en conformité avec la loi», déplore Audrey Schmid, d’Unia dans la Tribune de Genève.

Des initiatives ont déjà eu lieu pour aller plus loin, et permettre une véritable égalité au niveau cantonal, puisque l’échelon fédéral ne se révèle pas pertinent.

Une organisation solide

Pour que la mobilisation prévue atteigne son objectif, des collectifs locaux sont d’ores et déjà prévus. Une prochaine manifestation est prévue le 22 septembre prochain à Berne, avec le mot d’ordre #Enough18. Avec une préparation minutieuse, entamée avec un an d’avance, l’action du 14 juin 2019 pourrait se transformer en véritable mouvement sociétal.

 

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