Un rôle-clé de la digitalisation? Etre ‘traductrice’ de technologies

Pour Isabelle Chappuis, formation en ligne et in real life sont complémentaires.
Pour Isabelle Chappuis, formation en ligne et in real life sont complémentaires.

Pour Isabelle Chappuis, directrice exécutive d’HEC Lausanne, la digitalisation requiert des compétences essentielles de traduction entre experts métiers et experts data. Une réelle opportunité à saisir pour les femmes souvent cantonnées aux secteurs de la communication, des RH et des marketing. A condition de savoir se former, en ligne et ‘in real life’.

Dans les faits la transition numérique touche hommes et femmes de manière égale, dès lors qu’il s’agit d’une réelle transformation impactant la société dans sa globalité. Pourtant – et j’en veux pour preuve, par exemple, le tout petit nombre de femmes présentes lors du forum Forward de l’EPFL sur l’importance de la digitalisation pour les PME – les femmes ne semblent pas avoir encore identifié ce tournant comme une réelle opportunité de faire la différence.

Dans cet univers très en vogue mais encore très obscur pour la plupart des gens, on retrouve de nombreux consultants en transition numérique, de nombreux experts en big data, machine learning, blockchain, etc. pour la majorité ‘mâles’.  Et pourtant la transformation numérique et l’exploitation des données ne sont pas seulement l’affaire de geeks, de scientifiques ou d’ingénieurs (métiers encore typiquement masculins).

La digitalisation n’est pas un nouvel outil technique à maitriser, mais bien une opportunité à saisir – certes en exploitant des outils techniques – pour faire évoluer l’économie en transformant voire en disruptant des modèles d’affaires, des fonctions, des industries. Exploiter les données quand on ne sait pas quelles sont les questions pratiques et pertinentes auxquelles on cherche une réponse, c’est bien inutile. Les rôles clé de demain ne seront pas portés uniquement par les data scientists ou les experts en intelligence artificielle, mais bien par les traducteurs/trices: ceux ou celles qui auront les compétences pour faire le lien entre les «experts métiers» et les «experts data».

Les femmes ont de solides cartes à jouer

Les femmes ont souvent été placées ou orientées dans des métiers très liés à la communication (RH, marketing, enseignement, etc), ce qui tombe bien, car pour réussir cette transition numérique, la société aura besoin de communicateurs/trices hors-pair !

En effet, les entreprises devront trouver ou former des personnes capables de comprendre tant les enjeux liés aux «données» que les objectifs et contraintes des métiers  (tels que marketing, RH, production, etc…). Et ce n’est qu’en faisant le lien entre ces deux univers qu’il sera possible de valoriser les données pour avoir un impact réel sur le résultat de l’entreprise.

La formation en ligne est clé

Si la transition numérique n’est pas une alternative, la formation continue n’en est pas une non plus. Car il y a dix ans, le big data n’était pas enseigné à l’école. Et ce sont aux cadres d’aujourd’hui d’embrasser ce tournant en développant de nouvelles compétences. Dans une société dans laquelle les femmes – ne nous voilons pas la face – sont souvent dans le couple les seules garantes du bon fonctionnement de l’organisation familiale, se former devient un défi de taille.

Si la digitalisation disrupte notre quotidien et nous sort de notre zone de confort, c’est aussi elle qui apporte les solutions dont nous avons besoin, en tout cas en matière d’éducation et surtout de formation continue, avec les formations en ligne. Pouvant être suivies de manière individuelle et à son propre rythme, elles offrent une flexibilité bien agréable aux femmes portant de nombreuses casquettes. Les formations en ligne – comme celles de l’EPFL Extension School  – sont une manière pratique, efficace et discrète d’oser faire le premier pas pour acquérir ces nouvelles compétences liées au digital.

La formation IRL a aussi tout son sens

Parallèlement, s’offrir le temps de prendre du recul, et participer à une formation physiquement permet d’investir 100% de son attention et de faire un saut quantique en terme de développement de compétences:  on hésite, on ose, on se lance et surtout on finit par se rendre compte – dans le groupe – qu’on est tout aussi compétentes que les hommes ! Sans parler du réseau exceptionnel que l’on développe en retournant sur les bancs d’école. Si les formations en ligne offrent aux femmes l’occasion de dépasser une première hésitation et leur permettent d’accéder à des compétences digitales, c’est fantastique !

Mais la transformation digitale est paradoxalement une révolution éminemment humaine qui nécessitera – au-delà du savoir-faire ‘tech’ – de nombreuses compétences inter/personnelles. Et ces compétences-là, elles ne s’acquièrent pas en ligne…

Dès lors et de la même manière que l’équilibre hommes-femmes est bénéfique à la société, l’équilibre « formation continue en ligne » et « formation continue en présentiel » deviendra primordial pour permettre l’évolution continue des compétences des hommes et femmes de notre société.

 

 

 

 

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