Un an après #MeToo, l’état de la parité dans le monde

Equileap
Dans les entreprises du classement d'Equileap, un poste de cadre sur quatre (26%) est désormais occupé par une femme, contre 20% l’an dernier.

Les entreprises ont amélioré leurs pratiques en matière de parité depuis l’an dernier, d’après la dernière grande étude menée par Equileap. La Suisse n’y brille pas.

La représentation des femmes dans les entreprises, leur accès à des postes à responsabilité et des pratiques salariales équitables contribuent indubitablement à l’amélioration de la parité et de la condition des femmes dans tous les pays.

Pour mesurer leur évolution, l’organisation Equileap publie un rapport annuel, dont la dernière édition a été rendue publique ces derniers jours (Gender Equality Global Report & Ranking, voir méthodologie ci-dessous).

Améliorations sur plusieurs fronts

Parmi les 3000 entreprises étudiées, Equileap établi un « Top 200 ».  Ces dernières comptent en moyenne aujourd’hui 34% de femmes dans leurs conseils d’administration, contre une moyenne de 30% l’an dernier. Un poste de cadre sur quatre (26%) est désormais occupé par une femme, contre 20% l’an dernier.

Les résultats des entreprises qui se sont classées parmi les 200 meilleures d’Equileap depuis l’an dernier ont par ailleurs relevé le niveau : les meilleures entreprises ont augmenté leurs scores de 8 points de pourcentage.

Impact du mouvement #MeToo et Times Up

Equileap lie ces améliorations aux mouvements #MeToo et Times Up au Royaume-Uni, qui ont «globalement eu un impact positif», souligne l’étude. Autre élément déclencheur, selon l’organisme: la prise de conscience que «les entreprises soucieuses d’égalité femmes-hommes ont de meilleurs résultats financiers que les autres», confie Diana van Maasdijk, directrice générale et cofondatrice d’Equileap, au quotidien Les Echos.

La Suisse peut mieux faire…

Malheureusement, peu de progrès ont été enregistrés pour la Suisse, qui ne compte que cinq entreprises dans ce Top 200. Si l’on peut se réjouir du très bon score de la banque UBS, qui arrive à la 18e place du classement mondial, les autres entreprises helvétiques pointent toutes au delà de la 130e place. Dans l’ordre, on retrouve Sonova (136e), Roche (149e), Zurich Insurance (156e) et enfin Givaudan (180).

Pour comparaison, la France compte cinq entreprises dans les 20 meilleures. Cette faible représentation de la Suisse n’est pourtant pas uniquement due à une question de taille, puisque d’autres pays relativement petits ont bien mieux performé. La Norvège affiche ainsi la plus forte proportion d’entreprises (43%) classées dans le Top 200, suivie par Israël (40%), la Belgique (38%), l’Australie (36%) et les Pays-Bas (33%). 

La Tech rattrape son retard

Les secteurs les plus performants dans le rapport de cette année sont ceux des communications, de la finance et des services publics. Les auteurs du rapports soulignent que le secteur de la technologie a connu la plus grande amélioration en matière d’égalité des sexes au cours de la dernière année: 14% des entreprises éligibles ont maintenant atteint le Top 200, contre seulement 3% l’an dernier.


Méthodologie

L’organisation a but non lucratif Equileap a analysé les données sur le respect de l’égalité entre hommes et femmes au travail des 3000 plus grandes entreprises cotées au monde, implantées dans 23 pays. Les notes attribuées reposent sur dix-neuf critères d’analyse, comme la proportion de femmes aux postes de direction ou les écarts de salaires entre hommes et femmes.

Analyses