Nathalie Fontanet : battante et passionnée, une femme politique atypique

Nathalie Fontanet est députée au Grand Conseil depuis 2007.

Nathalie Fontanet est la seule candidate PLR en lice pour le second tour du conseil d’Etat genevois, le 6 mai prochain. Cette battante nous a raconté son parcours atypique, qui démontre que cette femme de poigne a su se battre pour arriver aujourd’hui à la porte d’un ministère genevois.

Nathalie Fontanet nous a reçus juste avant Pâques, dans le restaurant de l’établissement bancaire où elle travaille en tant que directrice adjointe au service juridique depuis douze ans. L’émotion est vive, car c’est peut-être son dernier jour au sein de la grande banque suisse, puisqu’elle a décidé de consacrer exclusivement les six prochaines semaines à sa campagne pour l’élection au Conseil d’Etat. Et si elle est élue, elle aura juste le temps de venir faire ses adieux avant de commencer une première législature au gouvernement genevois le 1er juin prochain.

Parcours atypique

Née il y a 53 ans, Nathalie Fontanet raconte volontiers son parcours atypique qui démontre que cette femme de poigne a su se battre pour arriver aujourd’hui à la porte d’un ministère genevois. Un chemin qui lui a appris que rien n’était acquis dans la vie, «mais quoi qu’il arrive, on peut toujours se relever».

Mariée à 20 ans avec l’avocat Bénédict Fontanet, élu par la suite au Grand Conseil, elle deviendra maman de trois filles cinq ans plus tard. Nathalie Fontanet se consacre alors à l’éducation de ses enfants, mettant entre parenthèses ses études de droit. A 34 ans, elle divorce de son époux.

Retour à l’Université

«Je me suis retrouvée seule avec mes trois enfants, devant faire des choix: partir à la recherche d’un nouveau mari, trouver un travail rapidement ou penser à long terme.» C’est cette option qu’elle choisit. Elle s’inscrit à la Faculté de droit de l’Université de Genève. Pas forcément encouragée par ses proches au départ car «trop âgée pour se lancer dans de longues études et trouver un premier travail à 40 ans», sa motivation se retrouve renforcée. Elle veut prouver qu’avec de la volonté, c’est possible d’y arriver. De son côté, son beau-père d’alors, l’ancien conseiller d’Etat Guy Fontanet, la rassure: «Il y a deux sortes d’étudiants qui réussissent: les surdoués et ceux qui travaillent. Si tu travailles régulièrement, tu réussiras.»

A l’Université, elle se forge de très bons contacts avec les étudiants qui ont quinze ans de moins qu’elle. Cependant, lorsque ces derniers font la fête le week-end, Nathalie Fontanet s’occupe de l’éducation de ses filles. Elle amène ses enfants au parc, des bouquins de droit sous le bras. Durant l’été, elle travaille dans des établissements bancaires pour gagner de l’expérience et avoir «quelque chose à inscrire» sur son CV.

Sa licence de droit en poche en 2003, Nathalie Fontanet trouve rapidement un stage dans l’étude de François et Dante Canonica, «qui m’ont tout de suite fait confiance, me donnant des dossiers complexes alors que j’étais simplement stagiaire». Son âge, qui aurait pu passer pour un handicap, sera au final un atout puisqu’elle revendique une expérience de vie que d’autres n’ont pas encore acquise. Elle obtient son brevet d’avocat en 2005.

Lancement en politique

Celle qui a «toujours voulu s’engager pour la collectivité» décide de se lancer en politique. Elle sera rapidement élue au Conseil municipal en ville de Genève sous la bannière libérale. Olivier Jornot, l’un de ses amis proches, lui avait en effet recommandé de s’inscrire dans ce parti de droite qui «cherchait des candidates féminines». Députée au Grand Conseil depuis 2007, elle regrette qu’encore aujourd’hui, il n’y ait pas assez de femmes en politique à Genève. Sur 24 députés PLR, seules 5 sont des femmes alors qu’elles ne représentent que 26% des élus au Parlement genevois.

La politique devient rapidement un hobby, lui permettant de s’accomplir. Elle choisit de travailler dans une banque plutôt que de s’inscrire au barreau afin de consacrer plus de temps à son engagement vis-à-vis de la société.

Aujourd’hui aux portes du Conseil d’Etat, cette femme d’autorité et décideuse prône le consensus, l’écoute et l’échange. Elle dit savoir entendre la critique et s’être forgée avec le temps des épaules solides, voire même une carapace, pour être prête à affronter une exposition qui, parfois, traîne les personnalités publiques dans la boue. Grand-mère depuis bientôt deux ans, elle a cependant attendu que ses filles soient en âge de prendre une distance suffisante pour qu’elles ne soient pas blessées lors d’attaques personnelles.

Nathalie Fontanet admire l’avocate française Simone Weil qui «s’est battue toute sa vie pour les autres et notamment pour les femmes». En Suisse, c’est Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat PLR (VD), qui l’inspire. «C’est une femme de poigne qui a su tracer son chemin. Comme ces deux femmes, je suis quelqu’un de solide et passionnée, avec une vision pour mon canton», conclut celle qui, lorsqu’elle a dû traverser des difficultés, a toujours vu le verre à moitié plein.

Ses 3 priorités politiques

Faire évoluer l’Etat en baissant les contraintes administratives pour une logique de prestataire de services.

Maintenir et développer l’emploi, notamment pour les personnes de 50 ans et plus.

Défendre la réforme de la fiscalité des entreprises (PF17) et baisser à terme les impôts pour les personnes physiques.

 

 


Ses 4 conseils pour les femmes qui souhaitent se lancer en politique

Avoir plus confiance en soi, se mettre moins de barrières et ne pas s’interroger systématiquement sur ses compétences.

Ne pas s’oublier. Face à un choix, une femme aurait trop tendance à penser à son conjoint et à ses enfants avant de penser à elle.

Savoir s’imposer, être prête à taper du poing et se faire entendre.

Etre persévérante et apprendre à rebondir après un échec.

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