«La robe d’avocat n’a pas de sexe»

Défense de militantes Femen ou action contre Lafarge et ses compromissions avec les terroristes en Syrie : Marie Dosé n’hésite pas à s’attaquer à des dossiers ardus. Pour cette avocate française, il manque cependant encore les alter ego féminines des ténors du barreau.

Elle était à Genève pour un séminaire organisé à la Fédération des entreprises romandes (FER) sur le thème «Business and human rights». Et l’avocate pénaliste Marie Dosé est en pointe sur cette thématique, tordant même le coup aux idées reçues: les Femen sont vues comme des provocatrices exhibitionnistes? Elle va interroger la société sur le sens de la définition de l’exhibition sexuelle, demandant «En quoi une poitrine de femme serait-elle plus sexuelle qu’une poitrine d’homme?». Soutient-elle dès lors les mouvements sociétaux actuels qui dénoncent le harcèlement et les harceleurs? Si elle se réjouit de la fin de l’impunité pour les auteurs de pratiques dégradantes pour les femmes, elle refuse de faire l’apologie de la victimologie.

Loin des clichés, Marie Dosé veut que chaque femme puisse trouver sa place. Et que les femmes dans leur ensemble trouvent la leur dans la société et dans le monde professionnel. C’est ainsi que, dans son secteur, elle déplore qu’«il n’y a que des ténors et pas de soprano. Les femmes sont les collaboratrices des grands avocats qui sont nécessairement des hommes», et ce, alors même que «les femmes sont désormais plus nombreuses au barreau de Paris que les hommes».

Selon elle, dans le monde de la justice comme ailleurs dans la société, les femmes «sont là en quantité, mais pour arriver au sommet ça reste encore très compliqué». Et quand il s’agit de pointer les obstacles, elle n’y va pas par quatre chemins, dénonçant «l’ego de leurs confrères» comme premier barrage. Et pour surmonter ces barrières, elle recommande de «ne surtout pas imiter les hommes, car si on les imite on est de toutes façons perdante». Prônant une identité différente, elle insiste sur le fait qu’«une avocate femme doit se rappeler que la robe n’a pas de sexe», et suggère d’instaurer «un rapport de respect et pas un rapport de séduction» avec les clients.

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