«Genuine cherche des ambassadrices»

Emilie Hawlena veut pousser les femmes «à sortir de leur zone de confort sans complexe, comme le font la majorité des hommes». (Crédits: Stéphanie Page)

[Rediffusion] Après Genève et Lausanne, le réseau de femmes entrepreneures créé par Emilie Hawlena veut s’implanter dans d’autres cantons romands. La fondatrice ambitionne aussi de lancer un magazine.

Elle n’a pas l’accent mais la verve et le dynamisme des habitants du Plat Pays. La Belge Emilie Hawlena, 34 ans, s’est installée à Genève il y a une dizaine d’années durant lesquelles elle a œuvré principalement dans le secteur bancaire. Son expérience lui laisse, toutefois, un goût plutôt amer et le souhait, surtout, de se lancer un jour à son compte.

La crise passant par-là, la Genevoise d’adoption quitte la finance pour assouvir une autre envie: celle de faire de la philanthropie. Elle fait ses valises, direction l’Inde, où elle passe trois mois à collaborer pour une ONG. Elle se rend compte sur place qu’elle a soif d’aider les autres, notamment à entreprendre. Retour donc en Belgique où elle croise la route d’un coach. C’est la révélation: elle souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat.

Elle revient en Suisse afin de postuler dans une association d’aide aux entreprises, type «Genilem ou Fondetec». Réalisant qu’aucune structure n’est destinée exclusivement aux entrepreneures, elle décide alors de créer le réseau Genuine Women. «La vie d’entrepreneur est comme des montagnes russes émotionnelles, surtout pour la femme, explique Emilie Hawlena. Je trouve excessivement rassurant de pouvoir échanger avec des personnes qui sont dans la même situation que vous.»

Déjà 170 membres

Le but de son réseau est ainsi de rassembler tous les membres afin d’échanger leurs expériences lors de différents événements tels que petits déjeuners, apéros, workshops avec des conseils de professionnels ou encore lors d’événements ponctuels comme les Fuckup Ladies Nights, des soirées durant lesquelles les entrepreneures viennent raconter leurs déboires et autres échecs.

En six mois, son entregent lui permet d’acquérir plus de 170 membres parmi lesquelles des femmes qui lancent à peine leur entreprise ou d’autres qui sont déjà actives professionnellement depuis plusieurs années. «Cette structure permet aussi de créer des synergies entre les membres. Mon souhait est de les mettre en lumière et de les soutenir dans le développement de leurs activités», rajoute Emilie Hawlena.

Celle qui est également chroniqueuse pour la radio genevoise One FM tous les lundis matin (elle présente l’actualité de l’une des femmes membres du réseau) a, par ailleurs, de nombreux projets: elle ambitionne, en effet, de lancer un magazine dès le printemps 2018 pour les femmes entrepreneures. Ce nouveau titre de 80 pages, distribué gratuitement deux fois par année dans 500 points de distribution de six villes de Suisse romande, serait réalisé en collaboration avec certaines membres du réseau qui ont des compétences de graphiste ou photographe. «L’idée est d’aborder toutes les thématiques liées aux femmes qui se lancent, de la difficulté à concilier vie de famille et vie professionnelle à celle de prouver sa crédibilité dans des milieux parfois très machistes.»

Devenir l’incubateur de référence pour les femmes

Le réseau Genuine Women est pour l’heure présent à Genève et Lausanne, mais des ouvertures sont prévues à Fribourg, Neuchâtel et dans le Valais. «Je cherche des ambassadrices dans chaque ville ainsi que des marraines qui pourront mettre le réseau en avant», souligne la fondatrice qui souhaite devenir l’incubateur de référence pour les femmes en Suisse romande. Cette dernière aime rappeler qu’elle n’est pas féministe pour un sou: «Je n’apprécie pas particulièrement les discours girl power, mais je constate simplement que les femmes ont tendance à se dévaloriser et à se sous-estimer dans le monde du travail. L’idée est de leur donner un élan afin qu’elles osent sortir de leur zone de confort sans complexe, comme le font la majorité des hommes au fond!»

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