Contrairement au coaching, qui a pour but de permettre l’acquisition rapide de compétences ou la réalisation d’un but précis, le mentoring est une relation de plus long terme. Image Nick Youngson-The Blue Diamond Gallery.

Progresser dans sa carrière, être challengée sur son projet d’entreprise, se développer sur les plans personnels et professionnels: c’est tout cela que permet le mentoring. A ne pas confondre avec le coaching.

1.Etre inspirée

C’est le premier critère qui devrait guider le choix d’un mentor, et on l’oublie souvent. «En entreprise, les gens choisissent parfois des mentors en fonction de leur position et pour leurs permettre d’atteindre tel ou tel échelon. Mais c’est une erreur. Il faudrait avant tout choisir quelqu’un que l’on admire personnellement. Cela rend la relation beaucoup plus authentique et empreinte de confiance», remarque Ina Toegel, professeur à l’IMD Lausanne et spécialisée dans le leadership. «Chaque fois que j’échange avec mon mentor, une femme qui a 40 ans de plus que moi, je me sens pousser des ailes, qu’elle me parle de son expérience ou qu’elle me suggère une idée», remarque Katarzyna Kmiec, dite Kasia, entrepreneure, fondatrice de Spell Languages, centre d’apprentissage de langue innovant pour enfants.

2.Etre challengée

Contrairement au coaching, qui a pour but de permettre l’acquisition rapide de compétences ou la réalisation d’un but précis, le mentoring est une relation de plus long terme, qui a pour but de construire son parcours professionnel de manière optimale, en fonction de ses besoins et envies personnelles.

Un mentor permet de voir les problèmes – et les résoudre – d’une façon différente…à condition pour le mentee d’être prêt à se remettre en question. L’entrepreneure Charlotte de La Baume qui a développée Beelong, outil de mesure d’impact environnemental des aliments, a connu cette étape. «Notre business-model a souvent été challengé par rapport au fait que notre service est une consultation ponctuelle et non récurrente. Nous avons dû le remettre en question sur ce point et apprendre à prendre le temps de construire une vision de long terme tout en gérant l’opérationnel forcément très prenant.»

«Nous sommes là pour challenger. Souvent une entrepreneure sait instinctivement quel chemin choisir pour aller où elle veut mais ne se l’avoue pas et n’a pas forcément les outils pour y arriver. Nous aurons le rôle d’un miroir face à elle, et d’identifier et aider à résoudre un problème sous-jacent. Via la maïeutique, l’écoute active, par notre expérience et notre réseau, nous les aidons à atteindre leurs objectifs, voire les dépasser s’ils le souhaitent», note Caroline Coquerel, mentor et coache spécialisée dans l’entrepreneuriat.

3.Travailler son équilibre vie personnelle/vie professionnelle

Un mentor n’hésitera pas à poser des questions incluant la vie personnelle, qui a évidemment à voir avec la vie professionnelle, puisque chaque choix dans une vie impactera l’équilibre entre les deux. Il faut donc se sentir en confiance avec son mentor et ne pas avoir peur d’aborder cet aspect. «Pendant un an nous avions bossé comme des fous sans week-end ni vacances. C’est notre mentor qui nous a amené à nous poser la question de savoir si nous souhaitions repartir pour une seconde année sur le même rythme. Ce sont des questions personnelles que l’on n’aborderait jamais avec notre board, par exemple», note Charlotte de La Baume. A ce titre, opter pour un mentor femme peut être un atout, car elle pourra disposer d’une sensibilité particulière quand au choix d’avoir des enfants par exemple…mais ce n’est pas une garantie. «Le mentoring est avant tout une question de feeling, basé sur une vision et des valeurs partagées», note Aurore Amaudruz, Ingénieure EPFL qui a lancé son activité dans l’énergie solaire, Amaudruz SA.

 4.Etre sponsorisée & disposer d’un réseau

Que vous soyez en entreprise ou indépendante, un mentor, s’il vous a choisie ou si vous l’avez sollicité et qu’il a accepté, croit en vous dur comme fer et vous aidera vous développer sur les plans professionnels et personnels. «Mon mentor a vraiment vu en moi des qualités que ne n’avais pas décelées et m’a aidée à acquérir les compétences nécessaires pour me réaliser», se remémore Isabelle, fonctionnaire d’une quarantaine d’année dans le milieu de la culture. C’est une personne qui vous aide à trouver et révéler votre potentiel.

Un mentor vous ouvrira aussi son carnet d’adresse. «Caroline nous a mis en lien avec des sociétés reliées à notre activité, ce qui nous a permis de participer à des évènements dont nous n’avions pas entendu parler et nous a fourni une documentation utile», se remémore Charlotte de La Baume qui a bénéficié de cet accompagnement via GENILEM.

 


Conseils pour choisir son mentor

-Choisissez quelqu’un que vous admirez personnellement, une sorte de modèle, quel que soit son âge ou son secteur d’activité. Pour ce faire, réseautez, lisez la presse, identifiez les personnalités qui vous parlent. Et si la personne se trouve à l’autre bout du monde, pas de panique: le mentoring via Skype est très répandu.

-Choisissez quelqu’un qui pense différemment de vous et challengera votre pensée

-Lorsque vous sollicitez la personne, définissez des règles claires: qui initie la rencontre, qui y met fin, où auront-lieu les entrevues, combien de temps dureront-elles? A quelle échéance? Pour information, cette pratique se fait généralement pro bono, sans rémunération pour le mentor.

-Mettez en place une période de test de six mois à un an. Ne vous découragez pas trop vite mais sachez rester flexible et n’ayez pas peur de vous séparer -en bons termes- si l’expérience ne s’avérait pas concluante.

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